
- Genèse des escorteurs rapides.
- Evolution des escorteurs rapides.
- Différents type d'escorteurs rapides
- Description détaillée des aménagements du type E50 (Corse, Brestois, Boulonnais et Bordelais)
- Description détaillée des aménagements du type E52 (Picard, Normand, Gascon, Lorrain, Bourguignon, Champenois, Savoyard, Breton, Basque, Agenais, Béarnais )
- Description détaillée des aménagements du type E52b (Alsacien, Provencal et Vendéen)

| GENESE DES ESCORTEURS
RAPIDES |
(d'après l'article de Jean MOULIN paru dans MARINE Guerre & Commerce n° 42 de mars/avril 1996).
Au sortir de la 2 ème guerre mondiale , la marine française est réduite à un échantillonage de bâtiments français usés par le conflit ainsi que des unités légères d'origine variée, américaine, britanique et allemande.
Les combats ont démontré l'utilité de navires d'escorte capables de se battre sur toutes les mers. L'expérience de la bataille de l'Atlantique a permis de déterminer le type de navire nécessaire pour l'escorte des convois océaniques. A partir de 1943, apparaît un type d'escorteur comme les frégate anglaise de type RIVER ou américain comme les destroyers d'escorte dont 6 de chaque seront intégrés dans la marine française. Ces bateaux seront la base de la réflexion qui conduira à la création des escorteurs rapides.
En 1949, la France avec les autres pays occidentaux entrent dans la guerre froide. La Marine Nationale centre sa statégie sur les groupes aéronavals. Le 4 avril, l'OTAN est fondée, la France en est un des membres fondateur. Dans le cadre de cette organisation, elle se voit confier comme mission prioritaire, la lutte anti-sousmarine. Pour cela elle a besoin d'outils spécialisés.
| CONCEPTION DES ESCORTEURS |
En 1949, 3 types d'escorteurs sont prévus :
- des escorteurs de 2500 tW, destinés à l'accompagnement des grands navires de combat comme les porte-avions, ces navires donneront les futurs escorteurs d'escadre.
- des escorteurs de 1500 tW, spécialement conçus pour l'escorte des convois et la lutte ASM, se seront nos escorteurs rapides.
- des escorteurs de 600 tW, mais dont la réalisation sera abandonnée, sauf peut-être pour les escorteurs côtiers.
Le 17 mars 1948, est présenté le projet E 50. Il défini un escorteur de plus ou mois 1500 Tw, d'un déplacement d'essai de 1900 t. La vitesse serait de 26 nd. La distance franchissable demandée par le projet reste quand à elle un problème. Différentes solutions de motorisation sont envisagées. Certaines avec des moteurs diesel, il est alors prévu d'installer 3 lignes d'arbre avec chacune un diesel Sulzer de 6000 ch, cette solution sera abandonée car manquant de souplesse, trop chère et demandant des délais de réalisation trop longs.
La solution qui sera finalement approuvée le 11 octobre 1950, consiste en un appareil moteur de 20.000 ch, à turbine à vapeur qui permet une vitesse de 26 nd et une autonomie de 4850 MN à 15 nd. La chaufferie au mazout alimente 2 groupes indépendants avec chacun une turbine HP, une turbine BP et une turbine de marche arrière, chaque groupe entraîne un arbre d'hélice.
L'armement anti-sousmarin prévu consiste en un grenadeur, 2 mortiers et surtout 4 groupes de 3 tubes pour des torpilles de type K. Ces tubes seront installés sur la plage avant, ce qui donnera l'aspect si caractéristique des premiers bateaux de la série.
Il est prévu au départ, d'équiper les escorteurs de 1 canon de 105 mm SKC allemand et 2 affûts double de 57 mm, mais le 105 mm qui n'est pas anti-aérien sera finalement remplacé par un 3eme affût de 57 mm.
La détection ASM sera assuré par un Asdic (sonar), en outre seront prévus un radar de veille aérienne, un radar de veille surface et un radar d'artillerie.
L'effectif prévu se compose de 12 officiers, 31 officiers mariniers et 149 quartiers-maîtres et matelots.
| EVOLUTION DES DIFFERENTS
TYPES D'ESCORTEURS |
Les quatre premiers bâtiments appartiennent à ce type, ce sont les CORSE, BRESTOIS, BOULONNAIS et BORDELAIS.
Ces navires sont équipés comme décrit
ci-dessus. La topille de type K, mise en service en 1956, sera
remplacée par la torpille L3 à partir de 1961. Un lance
roquette sextuple de 375 mm remplace les grenadeurs et mortiers. Les
CORSE et BORDELAIS seront mis en service en 1955, les
BOULONNAIS et BRESTOIS attendront 1956.
La position des 4 groupes de tubes lance torpilles apparaît vite comme devant être modifiée, ceci entraînera la conception du type E 52. Pour en savoir plus sur la gestion des torpilles sur ce type cliquez ici.
(Dessin type E50 (© www.netmarine.net).
Le type E 52 comporte les escorteurs Le
NORMAND, Le PICARD, Le GASCON, Le LORRAIN, Le BOURGUIGNON, Le
CHAMPENOIS, Le SAVOYARD, Le BRETON, Le BASQUE, L'AGENAIS et Le BEARNAIS.
La mise en service se déroule de 1956 à 1958. Dans le
type E 52, les tubes lance-topilles sont retirés de l'avant, ils
sont remplacés par un lance roquette sextuple de 375 mm
installé juste devant la tourelle de 57 mm avant. Les tubes
ainsi que leur valises porte torpilles trouvent leur place plus au
milieu du bâtiment, derrière la cheminée, leur
nombre reste le même. Le dessin de la passerelle va
également évoluer pour passer progressivement de la
passerelle ouverte du type E 50 à celle fermée et
élargie des Agenais et Béarnais.
(Dessin type E50 (© www.netmarine.net).
Le type E 52b est la dernière évolution des escorteurs rapides. Ce groupe comprend l'ALSACIEN, le PROVENCAL et le VENDEEN, mis en service respectivement en 1960, 1959 et 1960. Dans ce type, le lance roquettes est supprimé du roof avant, un des 2 affûts de 57 mm arrière est remplacé par un mortier quadruple de 305 mm, juste derrière le télépointeur des 57 mm. Les valises porte-torpilles sont supprimées. Ces bâtiment doivent également leur silhouette particulière à une nouvelle cheminée de type profilée. Ils recoivent également (ainsi que les autres E 52) un nouveau radar de type DRBV 22A à la place du DRBV 20. En 1972, le sonar DUBV 1 sera remplacé par un DUBV 24 à basse fréquence.
(Dessin type E50 (© www.netmarine.net).
| CARACTERISTIQUES DETAILLEES |
Caractéristiques générales |
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|---|---|
| Déplacement |
1250 tW, 1528 t essais, 1702 tpc
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| Longueur |
99.80 m - 95 m pp
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| Largeur |
10.30 m
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| Tirant d'eau |
3.00 m
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| Propulsion |
2 chaudières (35 kg/cm2, 385 -C)
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2 groupes de turbines à engrenage
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2 hélices
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| Puissance |
20.000 ch, 14718 kW
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| Vitesse |
27 nd, 29 nd aux essais
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| Puissance électrique |
720 kW (E 52b : 790 kW)
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| Combustible |
390 tonnes de mazout
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| Distance franchissable |
4 500 MN à 15 nd
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| Armement E 50 et E 52 |
6 / 57 mm modele 51
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2 / 20 mm
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12 tubes lance torpilles 550 mm
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1 lance-roquettes sextuple de 375, modele 54
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| Armement E 52b |
4 / 57 mm modele 51
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2 / 20 mm
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12 tubes lance torpilles 550 mm
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1 mortier quadruple de 305 mm
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| Le Brestois après 1958 |
1 / 100 mm, 4 / 57 mm, 12 T 550 mm
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| Radars E 50 |
1 DRBV 20, 1 DRBN 32, 1 DRBC 31
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| Radars E 52 |
1 DRBV 20 puis 1 DRBV 22 A, 1 DRBV 31
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1 DRBC 31 ou DRBC 32
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| Radars Le Brestois après 1958 |
1 DRBV 22 A, 1 DRBN 32, 1 DRBC 31, 1 DRBC 32 A
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| Sonars |
1 DUBV 1, 1 DUBA 1 (DUBV 24 si modernisés)
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| Equipage |
13 officiers, 185 officiers-mariniers, quartiers-maîtres et matelots
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9 officiers, 52 officiers-mariniers et 109 quartiers-maîtres et matelots les dernières années
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| DESCRIPTION DE L'ARMEMENT |
Durant la 2ème guerre mondiale, l'armement principal anti sous-marin consistait en grenades ou charges de profondeur. Ces armes étaient soit lancées avec des mortiers de chaque bord, soit on les laissait tomber à l'arrière du bâtiment.
Le principal inconvenient de ces systèmes était que le navire devait passer au-dessus du sous-marin pour espérer être efficace. Un progrès important a été fait par l'installation du "hedgedog" ou herisson qui pouvait lancer des charges légères vers l'avant. Mais la meilleure solution mise au point à la fin de la guerre fût la torpille anti sous-marine dite "acoustique" qui pouvait se diriger au bruit de cavitation des hélices du sous-marin.

| TORPILLES |
Dès les premiers escorteurs rapides des torpilles "acoustiques" sont installées. Le premier type a avoir été installé est la K2, dont le poid était de 1100 kg. Elle est suivie par le type L3 à partir de 1962. Celle-ci pèse 900 kg et est longue de 4.30 m. La vitesse n'est que de 25 noeuds, mais la portée est de 5500 mètres, de plus elle peut atteindre 300 m de profondeur.
(torpille lancée à partir d'un navire de la marine nationale)
| LANCE-ROQUETTES |
L'autre arme anti sous-marine embarquée
sur
les escorteurs rapides, était un dérivé du
"hérisson" de la 2ème guerre. Celle-ci consisté en
un lance-roquettes sextuple de marque Bofors de 375 mm. Sur les
type E50, celui-ci se trouvait juste devant le
télépointeur de 57 mm, sur les types E52, il se situait
à l'avant, devant l'affût de 57 mm avant. Cette arme lance
une roquette de 2.15 m et de 300 kg à une distance de 3100 m. La
cadence de tir est d'une roquette par seconde. Cette arme simple et
économique est particulièrement adapté aux cibles
immergées entre 6 et 300 m.
| MORTIER DE 305 MM |

Sur les escorteurs du type E52b, Les ALSACIEN, PROVENCAL et VENDEEN, le lance-roquettes de 375 mm est remplacé par un mortier quadruple de 305 mm. Cette pièce est installée à l'arrière, à la place du 2ème affût de 57 mm, juste derrière le télépointeur de 57 mm. Une description de l'histoire de cette arme est disponible à MORTIER DE 305mm.Cette arme a également été installée à bord des successeurs des escorteurs rapides, à savoir la série très réussie des avisos-escorteurs du type COMMANDANT RIVIERE.
| ARTILLERIE DE 57 MM |

Les escorteurs rapides recoivent dès le début une artillerie anti-aérienne de 57 mm, répartie en 3 affûts doubles, 1 sur la plage avant et 2 à l'arrière. Sur la série E52b, le 2ème affût, celui sur le roof de la plage arrière est remplacé par le mortier de 305 mm. Les canons de 57 mm sont de modèle 51, de longueur 60 calibres. L'affût double pèse 17 tonnes. Le projectile de 2.96 kg, est lancé à une vitesse de 956 m/sec, à la cadence de tir de 60 coups par minute. La portée pratique est de 3000 m.

| ARTILLERIE SECONDAIRE DE 20 MM |
L'artillerie secondaire se compose de
2 canons Oerlikon de 20 mm. Ces pièces sont située sur
chaque bord, sur le roof central à l'arrière de la
cheminée, au niveau du mât arrière. Ces canons
classiques sans pointage automatisé, ne sont utilisés
qu'en dernier recours. Leur portée pratique est de 900 m,
l'obus de 20 mm pèse 120 grammes et sa vitesse initiale est de
830 m/sec, la cadence de tir est de 450 coups par minute.
| PLANS DETAILLES DU TYPE E52b |
Tous les plans ci-dessous sont des
copies des plans d'origine établis lors de la construction de la
première unité du type E52b, l'Alsacien. Tous ces plans
m'ont été gracieusement fournis par Mme Martine DESTOUCHES de la Direction Générale de l'Armement, et plus précisément du Centre D'Archive del'Armement de la DGA à Châtellerault.