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LE MISSILE ANTI-NAVIRES OTOMAT
(Mise en ligne le 02/05/2009)Durant
la guerre des 6 jours entre Israël et certains pays arabes, le
destroyer israëlien EILAT était coulé par un missile STYX lancé par une
vedette égyptienne de la classe KOMAR. Cela provoqua dans la tête des
experts et statèges la même réflexion que quand au début du siècle on
s'est rendu compte qu'un petit torpilleur pouvait avec une seule
torpille, envoyer par le fond un gros cuirassé. Les français se lancent
dans la course et sortent au début des années 1970 le missile MM-38
dénommé EXOCET. Ce missile avait une portée de 38 km, déterminée par la
portée des radars de bord qui en raison de la rotondité de la terre ne
dépassé pas 40 km, et ce en fonction de la hauteur de l'antenne du
radar. Si on voulait dépasser cette portée, il fallait trouver autre
chose, cela débouchera sur le developpement du misile OTOMAT. Le
concept a prouvé son efficacité grâce aux tests effectués, entre autre,
à bord du BASQUE. Le coût bien supérieur à l'EXOCET, fera que la France
ne commandera pas le missile par la suite. (source : revue MARINE
INTERNATIONALES - octobre 1980, texte et photos)
Un missile OTOMAT lancé à
partir de ce que la revue indique comme étant le BASQUE, mais je pense
plutôt que le bateau lanceur est une vedette de la marine
vénézuélienne, aussi intéressée par ce missile. La série italienne des
frégates MAESTRALE étaient aussi équipée de l'OTOMAT, la série des
LUPO, aussi italienne, possédait des OTOMAT, ceux-ci tirant vers
l'avant, cela pourrait aussi correspondre à la photo.
(source revue MARINE INTERNATIONALES - octobre 1980, texte et photos)

Le missile OTOMAT tire son
nom des deux sociétés qui en coopération l'ont réalisé, il s'agit d'OTO
MELARA (Italie) et MATRA (France). Le schéma ci-dessus indique comment
fonctionne la séquence de tir. Un hélicoptère selectionne la cible et
sert d'intermédiaire pour le relais du signal et permet d'avoir une
portée bien supérieure aux 40 km de l'Exocet, de l'ordre de 180 km. Le
missile est également beaucoup plus puissant comme indiqué
ci-dessous.
(source revue MARINE INTERNATIONALES - octobre 1980, texte et photos)
Schéma détaillé du
missile. Contrairement au MM 38 qui était équipé de propulseurs à
poudre, l'OTOMAT était équipé de deux propulseur à poudre pour
l'impulsion initiale et d'un turboréacteur de type ARBIZON III de 400
kg de poussée qui permet une autonomie bien supérieure. De plus la
charge militaire était de 210 kg qui était la plus importante pour les
missiles anti-navires occidentaux de l'époque.
(source revue MARINE INTERNATIONALES - octobre 1980, texte et photos)
Les photos qui suivent
décrivent le lancement du missile à partir de ce que je pense être un
navire vénézuélien ou italien et non le BASQUE comme indiqué dans la
revue. La marine vénézuelienne a armé des 3 de ses patrouilleurs avec
ce missile, mais je pense qu'ils ont été débarqués à la fin des années
1980. On voit ici le double bloc missile, les accélérateurs à poudre
ont été activés, le missile sort de sa "boîte".
(source revue MARINE INTERNATIONALES - octobre 1980, texte et photos)

Les
deux moteurs à poudre sont en fonction. Le missile va s'élever un peu
pour permettre l'allumage du turboréacteur, et va ensuite suivre une
trajectoire de croisière à très basse altitude.
(source revue MARINE INTERNATIONALES - octobre 1980, texte et photos)

Le
missile était guidé par un auto-directeur électromagnétique actif à
deux axes réalisés par THOMSON CSF. La trajectoire finale comporte une
remontée et un léger piqué sur l'objectif à grande vitesse. L'article
signale que la précision du missile était telle qu'il ne nécessitait
pas de fusée de proximité au moment de l'impact.
(source revue MARINE INTERNATIONALES - octobre 1980, texte et photos)

Le
BASQUE a effectué une campagne de 5 tirs au début 1980. L'escorteur
était équipé d'un bloc de lancement à l'avant sur le roof. Il a aussi
reçu une conduite de tir baptisée CLIO installée par l'ECAN de Ruelle
et la DTCN. Le BASQUE était mis contractuellement à la disposition de
MATRA sur le site du CEM Méditerranée et à permit de valider le
lancement opérationnel du missile ainsi que la conduite de tir CLIO.
Une autre version du missile, terrestre celle-là, a été developpée pour
équiper des batteries de défense côtière. L'article de 1980 précise
aussi que le missile a été commandé à 450 exemplaires par cinq pays
dont l'Italie et aurait équipé des batteries côtières, je pense que le
développement du MM 39 dont la portée sera transhorizon sonnera le glas
de ce missile portant significatif d'une époque. Un grand merci à
MARINE INTERNATIONALE pour l'article qui a servi de base à cette page.
(source revue MARINE INTERNATIONALES - octobre 1980, texte et photos)
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